samedi 7 octobre 2006

Quelques photos des Balkans

Demain, je retourne passer une semaine en Bosnie. Cette fois, je passe par Sarajevo, avant de traverser les montagnes en direction de Tuzla, en Fédération de Bosnie et d'Herzégovine.

Pendant ce temps, à Beyrouth, le gouvernement a décidé d'empêcher la construction de bâtiments illégaux dans la banlieue Sud. Résultat : des émeutes, un mort, et une quinzaine de blessés. Ca ressemble à une dépêche AFP, mais ça dit surtout l'impuissance : la mienne, celle de mon gouvernement, et celles de beaucoup de libanais. Dira-t-on demain que c'est un étranger qui s'est mêlé à la foule et a tiré le premier ? Et cet étranger, dira-t-on qu'il est syrien, palestinien, islamiste, israélien, ou fou solitaire ? Sinon, accusera-t-on le Hezb, qui accusera le gouvernement, qui dénoncera l'alliance aounisto-hezbiotte, qui accusera la coalition du 14-mars, qui accusera la Syrie et l'Iran, qui ne diront rien ? Plus j'y pense, et moins j'arrive à comprendre pourquoi, fondamentalement, il ne semble pas possible aux dirigeants libanais de dépasser leurs divergences.
Et quand je réfléchis aux différents moyens de "lutte", je me dis que je préfère indiscutablement la résistance pacifique. Puis je pense au Tibet, qui consacre l'échec de cette même stratégie : un Dalaï Lama (ie, océan de sagesse), prix Nobel de la paix en 1989, internationalement reconnu mais en exil depuis des années, qui tente depuis 45 ans (45 ans !) de trouver un compromis avec Pékin, mais qui n'arrive pas à empêcher la mainmise grandissante de la Chine sur son pays. Il est parfois facile de perdre patience et d'avoir soif de violence...
La FINUL II n'arrête pas de s'internationaliser : lundi, le Luxembourg enverra DEUX soldats rejoindre le contingent belge. Je suis tout de même heureuse d'apprendre que l'un d'entre eux est expert en déminage. Handicap International parle de former des démineurs libanais : je ne peux m'empêcher de sourire en pensant que BASM signifie Bombes A Sous-Munitions en français, et (presque) sourire en arabe. La reprise d'une vie "normale" est encore loin. Même pour moi, de retour à Paris depuis bientôt 2 mois, une foultitude de petits signes du quotidien me rappellent que je me retrouve encore, et comme beaucoup, dans un temporaire qui s'éternise.
La pétition de Gemmayzé atteint presque les 2.000 signatures. J'espère, j'espère.
Et en attendant le prochain post de Tuzla, voici quelques photos de mon précédent séjour dans les Balkans.
Le penseur de Zagreb
Les "dish" du Kosovo
La bibliothèque de Prishtinë
Jo negociata...
Vieux Kosovar dans la rue de l'hôtel Begolli

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Bon voyage a toi. Peux tu developper un peu ce que tu fais quand tu vas dans les balkans. La finalite de ces voyages?

Anonyme a dit…

Cool les dish!!!

Anonyme a dit…

Premier message mais j'ai le plaisir de suivre ce blog et tes réflexions depuis de longues semaines.

L'histoire Libanaise a quelques ressemblances avec l'histoire des Balkans.
Des soient disantes "guerres de religion", mais en réalité des pays subbissant des influences étrangères changeantes sans que la majorité des populations puissent dire son mot.


Français sans aucun lien avec le Liban (donc pardonne moi peut être mes erreurs), il est diffile pour nous de bien comprendre la situation libanaise. Sur cela la presse, par sa volonté de simplifier, arrive à dire tout et n'importe quoi.

Ton approche, tes paroles et l'intéretq ue tu portes à ton pays ouvre une porte pour mieux comprendre ce pays que je suis depuis la fin des années 80 et que j'essaye de décripter jour après jour, drame après drame et bravour après bravour.

linalone a dit…

J'ai eu le temps de lire un peu ce que tu ecris. Blog interessant...

Anonyme a dit…

14/10/06:
Je profite de ma présence dans un pays où internet n’existe point dans les hôtels, où les gens ne communiquent qu’en langue locale (attention de leur dire que la même se parle chez les voisins), avec un portable qui ne me servira qu’à indiquer l’heure vu que les services gsm d’ici ne sont guère compatibles avec mon fournisseur (pourtant universel).
Dans cette marée d’incompréhension, instant de répis personnel, je me retrouve dans le besoin pressant de déposer ces quelques mots – en témoignage catharsique – que je regretterais sûrement par le simple fait qu’ils seront collés à vie sur un fil de toile et que je me verrais dans l’impossibilité de modifier à chaque relecture.
Bref, étant dans l’incapacité (subie) de pouvoir consulter ton blog pour pouvoir te faire des commentaires en live, je t’avouerais (ça sera en différé du bureau Lundi) que je suis arrivé à une réflexion concluante en ce qui concerne ton site: je confirme - sans hésitation aucune – qu’il émane un charme exquis dans ta façon de narrer le contenu de ton existence; plaisir unique, qui m’inspire quotidiennement pendant mes derniers jours en solitaire, à des heures de la nuit intimement tardives (j’avais transféré tes pages sur mon pc avant de m’envoler).
Je me permet de te tutoyer - après tout, tu as été la cause immédiate de ma récente pathologie litterarius assidux de blogus - ayant eu la même (mal?)chance d’avoir été conçu dans un pays dont la complexité ne commence que lorsque les choses semblent au plus clair.
Plus précisément: je serais atteint d’un voyeurisme narcissique abusif induit par une nostalgie précoce, depuis que j’ai délaissé mon «pays-sans ponts» il y a quelques mois pour m’installer dans ton « pays-lumière ».
Ce qui ne fit que renforcer le cycle qui m’entraîne quotidiennement dans une consultation effrénée de ta propre vie, dans le besoin de retrouver la mienne (je cherche toujours).
Finalement et pour comble d’ironie, on m’a proposé en fin de semaine passée une mission de quelques jours à Sarajevo (d’où je t’écris à l’instant même)
A+,
LBFRBiH33athotmailpointcom (pour réponse personalisée)

update du 16/10:
Ha! drole de coincidence que tu sois dans les parages. Faut arreter de me harceler à la fin! Je suis à Sarajevo jusqu'au 19/10, fait moi signe si t'y es tjrs.

Anonyme a dit…

Merci pour les photos de Pristina (Kosovo). On voit bien que le pays s'est remis de la guerre. Tant mieu pour eux.